Nouvelles

Le Phénix

par Christian Julia



Dos collé
10 x 18 cm
85

EAN : 978-2-9581501-9-8

Parution : 1er avril 2026

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Résumé

Daniel reçoit de son ami Gérard, dont il n’a pas de nouvelles depuis des années, une invitation à venir lui rendre visite sur l’lîe au large des côtes bretonnes où il vit désormais. Sur place, il est accueilli par Isabelle, son assistante, qui lui fait un bien étrange récit sur ce qu’est devenu son ami.

Note de l’auteur

Cette nouvelle, “Le Phénix”, a toujours occupé une place à part dans mes écrits de la période 1971-81. Très vite, j’ai compris qu’elle décrivait une situation qui ne cessait de se reproduire dans ma vie.

Elle est née en 1972. J’avais lu dans un journal de télévision l’annonce de la diffusion du film d’André Delvaux : “Rendez-vous à Bray”. Le sujet de cette œuvre étrange était ainsi résumé : Un homme se rend à Bray au rendez-vous que lui a fixé un ami qu’il n’a pas vu depuis longtemps. En arrivant, il tombe sur une mystérieuse jeune femme brune…

Sans avoir vu le film, j’étais convaincu que sous les traits de la mystérieuse femme brune se cachait l’ami. Sur cette base, j’écrivis très vite un petit texte de cinq pages. Puis je vis le film. Ce n’était pas tout à fait ce que j’avais imaginé, mais je n’étais pas loin. Je me crus donc autorisé à écrire, sur le même thème de départ, une toute autre histoire…

Ce texte est un des plus mystérieux que j’aie jamais écrit.

En premier lieu, je suis surpris que bien que n’ayant jamais vu le film d’André Delvaux, “Rendez-vous à Bray”, j’aie conçu en quelques jours une histoire très proche. D’où m’est venue cette sorte de prémonition ? Sommes-nous allés puiser notre inspiration à la même source ?

Ensuite, je ne peux pas manquer de souligner le prénom de l’ami de Daniel : Gérard. Quelques années plus tard, comme je l’ai expliqué dans mon récit “Ces vies dont nous sommes faits”, j’ai découvert ma filiation spirituelle avec Gérard de Nerval. Or cet écrivain a souvent mis en scène le phénomène de la transmigration des âmes. Et c’est bien de cela qu’il s’agit dans cette nouvelle.

Autre prénom énigmatique, celui de la jeune femme : Isabelle. Je vais effectivement rencontrer une Isabelle plus tard, qui déclenchera ma recherche sur les vies antérieures, et qui est elle-même la réincarnation d’une figure rencontrée par Gérard de Nerval. J’ai raconté tout cela dans mon récit “Ces vies dont nous sommes faits”.

L’autre prénom, Daniel, vient, lui, de l’acteur Daniel Duval. Pour ce personnage, je me suis beaucoup inspiré d’un camarade de la faculté d’Assas où j’ai fait mes études. Mais en fait un autre ami a nourri le personnage. Il s’agit de Christophe, qui est mort l’année suivante, en 1973, dans l’accident de l’avion qu’il pilotait.

Cette nouvelle, qui est en fait le récit d’une rupture entre amis, d’une incompréhension entre deux êtres de milieux différents, je l’ai souvent vécue avec mes propres amis. C’est ce qui m’a donné à penser que cette histoire avait un caractère prémonitoire. Et qu’elle était maudite. À chaque fois que j’en faisais une nouvelle version, en enrichissant les personnages de traits de caractère d’un ami avec qui je nouais une amitié, un conflit naissait et la rupture venait bientôt. D’où ma décision non seulement de la détruire (j’ai en fait détruit tous mes textes en 1990), mais de ne jamais la réécrire.
Je m’y suis pourtant résolu en janvier 2026, persuadé sans doute que j’avais tiré les enseignements de mes erreurs passées et que je ne tomberais pas dans le même piège.

Si je ne disposais plus de la nouvelle, j’en avais fait un résumé très détaillé pour mon site personnel. Et je l’avais si souvent écrite et réécrite au fil des années 70 et 80 que certaines phrases étaient ancrées dans ma mémoire. La reconstitution de la nouvelle ne fut donc pas si difficile ; j’ai suivi à la lettre le résumé que j’en avais. En revanche, j’ai davantage sexualisé la relation entre Daniel et Isabelle, plus sans doute qu’elle ne l’était dans la version d’origine. Par ailleurs, j’ai décrit plus en détail certains aspects de la métamorphose de l’île et de la mort de Gérard.

J’imagine que si je retrouvais le premier texte aujourd’hui, je me rendrais compte qu’il est en fait très différent de cette nouvelle version. Cinquante-quatre ans ont passé…